LA FORMULE E POURRAIT ELLE DEVENIR UN CHAMPIONNAT MAJEUR ?

Formule E • Gen4 • Citroën Racing • JEV LA FORMULE E pourrait-elle devenir UN CHAMPIONNAT MAJEUR ? Plus de 800 ch, 980 kg sur la balance, près de 50 cm de plus que la Gen3. La monoplace la plus performante de l’histoire de la discipline vient de rouler pour la première fois. SCROLL 800 ch Puissance 980 kg Poids +50 cm Vs Gen3 Ce jeudi 16 juillet, nous étions en Espagne, sur le circuit de Guadix, à l’occasion d’essais privés avec Citroën Racing. Fraîchement descendu de sa monoplace, Jean-Éric Vergne a accepté de répondre à nos questions sur cette nouvelle génération de Formule E et sur ce qu’elle pourrait changer pour l’avenir du championnat. Prise en main UNE VRAIEVOITURE DE COURSE Dès les premiers tours de roue, Jean-Éric Vergne ne cache pas son enthousiasme. Pour lui, la Gen4 marque une rupture nette avec la génération actuelle. JEV « C’est une bonne voiture. Elle n’est pas vraiment comparable à la Gen3. Elle est plus lourde, mais elle dispose de beaucoup plus de puissance et du quatre roues motrices dans tous les modes. En sortie de virage, on est littéralement catapulté. » Jean-Éric Vergne, sur la piste de Guadix Avec plus de 800 chevaux et une transmission intégrale, les sensations sont radicalement différentes. Le double champion du monde souligne aussi l’énorme travail réalisé sur le freinage. JEV « Le système de freinage avec la répartition pilotée entre l’avant et l’arrière est très impressionnant. On freine très fort, on ressort très fort. Ça compense en partie le manque de grip lié au poids de la voiture. » Jean-Éric Vergne, sur le freinage de la Gen4 Si la Gen4 affiche près de 200 kg supplémentaires, elle bénéficie aussi d’une aérodynamique plus développée et de pneumatiques plus larges. JEV « Au final, c’est tout l’ensemble qui fait la différence. La voiture est sensiblement plus rapide. » Jean-Éric Vergne, sur le comportement global de la Gen4 Gen4 — Circuit de Guadix Le facteur pilote LE PILOTEREDEVIENT DÉCISIF Depuis plusieurs saisons, de nombreux observateurs estiment que les performances des pilotes sont très proches les unes des autres. Avec la Gen4, Jean-Éric Vergne espère que les écarts naturels referont surface. JEV « J’espère que mon style de pilotage sera bien adapté à cette voiture et que je pourrai faire la différence. » Jean-Éric Vergne, sur son adaptation à la Gen4 Un souhait qui laisse entendre que cette nouvelle réglementation pourrait davantage récompenser les qualités de pilotage pures. Pneumatiques BRIDGESTONE,PRESQUE PARFAIT L’un des grands changements de cette nouvelle réglementation concerne l’arrivée de Bridgestone. Pour Vergne, deux évolutions sont particulièrement positives. JEV « Déjà, on a enfin de vrais pneus pluie. Jusqu’à présent, ce n’était clairement pas le cas. Ensuite, Bridgestone sait faire de très bons pneus. » Jean-Éric Vergne, sur les pneumatiques Bridgestone Le Français aimerait néanmoins aller encore plus loin. JEV « Maintenant qu’on a un vrai pneu pluie, j’aurais aimé avoir un véritable slick. Les pneus offrent plus d’adhérence, mais le gain est en partie compensé par le poids plus élevé de la voiture. Et comme tous les pilotes, on aimerait toujours un peu plus de grip. » Jean-Éric Vergne, sur ses attentes pneumatiques Gabarit & circuits SPECTACULAIRE,MAIS PARTOUT ? Avec ses dimensions en hausse, la Gen4 pose aussi la question de sa compatibilité avec certains circuits urbains historiques. JEV « Ce n’est pas tellement les bosses le problème. C’est surtout toute la puissance envoyée sur le train avant. Le volant bouge énormément à l’accélération et il faut vraiment le tenir. » Jean-Éric Vergne, sur le comportement au volant Pour certains tracés très étroits, Jean-Éric Vergne affiche quelques réserves. JEV « Il y a des circuits comme Sanya où la ligne droite est tellement étroite que si une voiture s’arrête, plus personne ne passe. Ce sont des questions qu’il faudra se poser. » Jean-Éric Vergne, sur les circuits urbains étroits Image & perception LA GEN4CHANGE DÉJÀ TOUT C’est probablement le constat le plus frappant de cette journée. Pour Vergne, la nouvelle monoplace transforme déjà la perception du championnat. JEV « Il suffit de regarder les réseaux sociaux. On publie une photo de la Gen3 puis une photo de la Gen4… il y a trois ou quatre fois plus de likes. On ne peut pas tricher avec ça. » Jean-Éric Vergne, sur l’impact visuel de la Gen4 À retenir : selon JEV, l’engagement sur les réseaux sociaux autour de la Gen4 serait déjà 3 à 4 fois supérieur à celui observé sur la Gen3. Selon lui, cette voiture possède enfin le charisme attendu d’une discipline mondiale. JEV « C’est une vraie voiture de course. Elle a un vrai look et de vraies performances. Ça va faire énormément de bien au championnat. » Jean-Éric Vergne, sur l’identité de la Gen4 Même son entourage s’est laissé surprendre. JEV « Certains de mes proches ne savaient même pas que j’allais courir avec Citroën l’an prochain. Ils ont vu les images de la Gen4 et m’ont immédiatement appelé. » Jean-Éric Vergne, sur la réaction de ses proches Mode attaque — 600 kW En course DES COURSESENCORE IMPRÉVISIBLES Difficile de prédire à quoi ressembleront les premières manches. La voiture est plus longue, plus lourde, plus puissante. Les dépassements pourraient évoluer, tout comme la gestion des pneumatiques. JEV « En mode attaque avec 600 kW, il y aura toujours de gros dépassements. Mais honnêtement, beaucoup de choses restent encore inconnues. » Jean-Éric Vergne, sur le mode attaque Le Français estime que la FIA devra rester réactive. JEV « Il faudra peut-être modifier certains paramètres au fil de la saison si c’est nécessaire pour le spectacle. Comme en Formule 1, il faut garder un esprit ouvert. » Jean-Éric Vergne, sur l’évolution du règlement en cours de saison Niveau & fiabilité UNE RÉFÉRENCETECHNOLOGIQUE Interrogé sur l’avenir de la discipline, Jean-Éric Vergne estime que la Formule E atteint désormais un niveau d’exigence comparable à celui de la Formule 1. Cette montée en puissance rend cependant plus difficile l’intégration de jeunes pilotes. JEV « Aujourd’hui, les équipes recherchent deux pilotes capables de marquer immédiatement des points. Comme en F1, prendre un débutant devient un vrai risque. » Jean-Éric Vergne, sur l’intégration des jeunes pilotes Enfin, concernant la fiabilité de cette toute nouvelle réglementation, le pilote français se montre rassurant. JEV
ALPINE : L’HISTOIRE D’UNE MARQUE FRANÇAISE D’EXCEPTION

Histoire • Compétition • Innovation • France ALPINE : L’HISTOIRE D’UNE MARQUE FRANÇAISE D’EXCEPTION Alpine est l’une des marques automobiles françaises les plus emblématiques. Fondée dans les années 1950, elle s’est construite une réputation grâce à ses voitures légères et à son incroyable histoire en compétition. UNE MARQUE À PART Après plusieurs décennies marquées par des succès, des périodes plus difficiles et une disparition temporaire, Alpine est aujourd’hui revenue sur le devant de la scène et représente l’une des ambitions sportives du groupe Renault. LES ORIGINES D’ALPINE La marque Alpine est fondée en 1955 par Jean Rédélé, un jeune concessionnaire Renault installé à Dieppe, en Normandie. Passionné de sport automobile, il participe à de nombreuses compétitions au volant de modèles Renault qu’il modifie pour améliorer ses résultats. Le nom « Alpine » provient des Alpes françaises, région où Jean Rédélé obtient plusieurs succès en rallye. Convaincu qu’une voiture légère est souvent plus efficace qu’une voiture puissante mais lourde, il décide de créer sa propre marque automobile. Alpine développe des véhicules utilisant une mécanique Renault associée à des châssis légers et des carrosseries en fibre de verre. Cette philosophie devient rapidement l’ADN de la marque. « UNE VOITURE LÉGÈRE EST PLUS RAPIDE QU’UNE VOITURE PUISSANTE » JEAN RÉDÉLÉ Le principal fondateur d’Alpine, Jean Rédélé, né en 1922 et décéde en 2007. Il est diplômé de l’École des Hautes Études Commerciales (HEC), et reprend la concession Renault de son père à Dieppe avant de lancer Alpine. Alpine entretient alors logiquement des relations étroites avec Renault. Les moteurs, les boîtes de vitesses et de nombreux composants mécaniques proviennent du constructeur français. Cette collaboration devient progressivement de plus en plus forte jusqu’à ce que Renault rachète entièrement Alpine en 1973. Cette alliance permet à Alpine de bénéficier des ressources industrielles et financières nécessaires à son développement tout en conservant son identité sportive. LES MODÈLES QUI ONT MARQUÉ L’HISTOIRE Peu de constructeurs peuvent se vanter d’avoir créé autant de modèles emblématiques avec des moyens aussi limités. Pourtant, Alpine a construit sa légende grâce à quelques voitures devenues mythiques. L’ALPINE A106 (1955) Premier modèle de la marque, l’A106 est basée sur la Renault 4CV. Elle pose les bases de la philosophie Alpine : légèreté, agilité et plaisir de conduite. Créée à l’origine par Jean Gasselin, l’A106 est retenue par Jean Rédélé comme le premier projet de la marque normande. Elle sera équipée d’une carrosserie en fibre de verre, pour un poids de seulement 550 kg. 251 exemplaires ont été produits au total. LA BERLINETTE QUI A FAIT ENTRER ALPINE DANS LA LÉGENDE L’ALPINE A110 BERLINETTE (1962) Et oui, l’A110 est sans aucun doute le modèle le plus célèbre de la marque. Grâce à son faible poids et à son comportement dynamique exceptionnel, elle devient une référence en rallye. Disponible avec différentes motorisations Renault, l’A110 s’impose rapidement comme l’une des meilleures voitures de compétition de son époque. Elle remportera plusieurs championnats du monde et permettra à la marque française de devenir une référence en termes de sportivité. L’ALPINE A310 (1971) Lancée pour succéder à l’A110, l’A310 adopte un design plus moderne et des moteurs plus puissants, notamment un V6 d’origine PRV qui sera d’ailleurs le grand problème de l’A310. Elle permet à Alpine de toucher une clientèle plus large mais sera la dernière Alpine décidée par Jean Rédélé. L’ALPINE GTA ET L’A610 Dans les années 1980 et 1990, Alpine développe des coupés sportifs plus confortables et adaptés à une utilisation quotidienne. Malgré leurs originalités, ces modèles rencontrent un succès commercial limité et signeront véritablement la fin d’Alpine Leurs prix étant trop élevés et leurs qualités trop basse comparée à ce qui se faisait en face. LE RETOUR D’UNE LÉGENDE LA NOUVELLE ALPINE A110 (2017) Après plusieurs années d’absence, Alpine renaît officiellement en 2017 avec une nouvelle A110. Inspirée de la Berlinette originelle, elle reprend les valeurs historiques de la marque : légèreté, équilibre et plaisir de conduite. Son châssis en aluminium, son moteur turbo de 252 puis 300 chevaux selon les versions, ainsi que son faible poids d’environ 1 100 kg lui permettent d’être saluée par la presse automobile internationale. Le ressenti de conduite de cette nouvelle Berlinette est révolutionnaire et tout le monde est unanime. C’est une réussite !!! L’EFFICACITÉ AVANT LA PUISSANCE LES INNOVATIONS TECHNIQUES Depuis sa création, Alpine privilégie l’efficacité plutôt que la puissance brute. Parmi ses innovations les plus marquantes : On y retrouve l’utilisation avant gardiste de carrosseries en fibre de verre. Une réelle recherche pour améliorer l’aérodynamique. Développement de châssis spécifiques dédiés à la compétition. Utilisation massive de l’aluminium sur la nouvelle A110. Travail approfondi sur la répartition des masses et le comportement routier. Cette philosophie permet souvent aux Alpine de rivaliser avec des voitures plus puissantes grâce à leur agilité exceptionnelle. CHAMPIONNE DU MONDE LE CHAMPIONNAT DU MONDE DES RALLYES L’année 1973 marque un tournant historique. Alpine remporte le tout premier Championnat du Monde des Rallyes constructeurs grâce à l’A110 Berlinette. Cette victoire confirme la place d’Alpine parmi les plus grands constructeurs sportifs mondiaux. LE MANS 1978 Alpine participe actuellement aux 24 Heures du Mans, l’une des courses les plus prestigieuses au monde. En 1978, l’Alpine A442 remporte la victoire au classement général des 24 Heures du Mans, exploit majeur pour une marque française. L’ENDURANCE MODERNE Depuis son retour, Alpine s’est engagée avec succès dans les compétitions d’endurance internationales. La marque a remporté plusieurs titres dans la catégorie LMP2 du Championnat du Monde d’Endurance (WEC), démontrant sa capacité à rester compétitive au plus haut niveau. Aujourd’hui, Alpine participe activement au Championnat du Monde d’Endurance mais, après des débuts difficiles et sans réel résultat au classement général, la marque française tire sa révérence à la fin de l’année 2026. LA FORMULE 1 Depuis 2021, Alpine dispose de sa propre écurie en Formule 1 sous le nom BWT Alpine Formula One Team. Ils viennent par ailleurs de signer un énorme contrat de 150 millions sur 3 ans avec la marque de luxe du groupe Kering, Gucci. Cette présence en F1 permet